Comment construire une épargne solide ?

Faut-il vraiment se poser la question suivante :

Pourquoi se constituer un patrimoine financier et immobilier ?

Nos compatriotes préfèrent l’immobilier pour placer leur argent. Les derniers chiffres donnés par un sondage commandé par les Échos confirment cette assertion : environ 70 % des Français préfèrent placer leur argent dans l’immobilier plutôt que sur un placement purement financier.

Pourtant le dicton « ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier » vaut aussi pour l’immobilier. Les lois peuvent changer, s’adapter à des besoins fiscaux nouveaux ; votre bien peut se voir négativement impacté par un urbanisme sauvage, de nouveaux effets climatiques, un chantier industriel ou agricole imprévu, des changements structurels sur les voiries des mairies, etc. Ce qui implique qu’outre les biens immobiliers il est intéressant de se poser la question de la diversification de son épargne.

Quel est l’objectif de la constitution de ce patrimoine ?

La sécurité financière est, bien entendu la première raison de la structure de votre épargne.

Cependant la stratégie se construit à partir d’objectifs qu’il faut parfaitement définir. Un exemple : l’achat de sa résidence principale n’a pas pour objectif de percevoir des revenus complémentaires. Ni de défiscaliser. Il s’agit plutôt de se constituer une éventuelle épargne pour la retraite ou constituer un patrimoine familial à transmettre à ses enfants.

Les objectifs financiers à moyen ou long terme seront atteints grâce à des outils financiers tout à fait différents. Ces objectifs sont le plus souvent le financement des études des enfants, la préparation de la retraite, la protection des proches. Indirectement, votre argent peut également participer au développement de l’économie française : en investissant dans les entreprises des nouvelles technologies, PME, ETI, et grandes entreprises françaises.

Commencez à vous constituer un patrimoine financier dès que possible

De nombreux parents ou grands-parents versent des sommes importantes sur les différents livrets tels que le livret A : ce produit d’épargne sans risque au taux de rémunération historiquement bas consolide sa puissance (annonce le mardi 22 janvier 2019 la Caisse des Dépôts (CDC)). L’encours du Livret A atteint un niveau historique de 283,8 milliards d’euros.

Si l’on y additionne les montants collectés par le Livret de développement durable et solidaire (LDDS) l’ensemble des placements dits d’épargne réglementée représente un montant de 391,4 milliards d’euros. Soit 4 % de plus qu’en 2017.

Un record.

Mais le placement en épargne plébiscité par les Français toujours frileux de risques financiers est le compte courant ! Eh oui, 450 milliards d’euros attendent des jours meilleurs sur les comptes joints ou pas. La baisse constante des rémunérations de l’assurance vie et des placements boursiers y sont-ils pour quelque chose ?

Votre situation est stable, faut-il acheter votre résidence principale ?

Voilà venu le temps de prendre des responsabilités professionnelles et de construire une famille. La question est bien connue : faut-il mieux louer (ou continuer à louer) ou déménager pour vivre dans la maison de ses rêves, ou encore faire construire. Calculs plus complexes qu’il n’y parait. Le premier facteur actuel qui plaide en faveur de l’achat est le montant des taux d’intérêt fixes. Ils sont historiquement bas. Aux environs de 1,5 % assurance comprise pour un jeune en CDI avec un petit apport ou pas.

Exemple calculé sur site EIG-FINANCES :

Montant du prêt : 200 000,00 €

Durée : 240 mois (20 ans)

Périodicité : Mensuelle

Taux Effectif Global : 1,5 % fixe avec assurance ou pas.

Montant des échéances : 965,09 €

Coût total du crédit : 31 621,79 €

Dans un premier temps ces montants sont à comparer à un loyer sans oublier les frais de notaire de 7 % de moyenne pour l’ancien et environ 3,5 % dans le neuf. Soit environ 14 000 euros dans le premier cas et 7000 euros dans le second exemple. La taxe foncière à payer tous les ans en plus du prêt est difficile à évaluer mais si elle s’élève à 1000 euros par an elle représente 20 000 euros sur 20 ans. Le coût total de l’opération est ici de 31 621 + 14 000 + 20 000 = 65 621 euros. Soit 6 ans de loyer à 900 euros. Il est essentiel d’évaluer aussi les travaux de clôture, de peinture, de rénovation des façades, etc, dans l’ancien. Ces montants seront peut-être récupérés lors de la vente en cas de plus-value.

Mais sera-ce le cas ? Comparez les deux tableaux d’exploitation et soyez vigilant sur votre achat initial. Si vous n’avez pas de visibilité sur votre avenir professionnel ou personnel (une vente trop précoce détruit la stratégie de plus-value sauf miracle). Car il faut rembourser son prêt. Louer pas cher est une bonne solution pour ne pas s’engager et épargner.

Vous payez des impôts ? La défiscalisation et les avantages de la loi Pinel 2019 ?

Vous gagnez bien votre vie et madame aussi. Pas d’enfant encore ou bien ils sont partis trop vite de la maison et ne comptent plus dans les parts pour payer moins d’impôts. L’une des solutions la plus aisée et la plus rentable à long terme pour se constituer un capital est de souscrire un achat en loi Pinel qui remplace la loi Scellier. Le principe fiscal est très simple : Charles en parle sur le forum de sa banque. Il a investi dans un appartement neuf d’une résidence située en bord de Marne à la périphérie de Paris. Le montant global de son acquisition (frais inclus) est de 200 000 euros.

Un achat sans apport, une organisation infaillible !

Charles n’a pas touché à son apport composé de participations aux résultats de sa compagnie, la Cegelec. Et pour ne pas avoir à gérer les locataires c’est son fils étudiant et son amie qui louent le bien. Montant du loyer : 700 euros charges comprises. Montant du prêt 1200 euros. Il boucle son budget avec les 500 euros de gap mais ne paye plus d’impôts pendant 6, 9 ou 12 ans. Dans son cas l’amortissement du bien autorise une déduction de ses impôts annuels de 4236 € par an pendant 12 ans. La durée du prêt correspond à l’âge de son départ à la retraite. Les réductions d’impôts (50 832 euros) et les loyers (126 000 euros) représentent 176 832 euros sur les 200 000 investis.

La solution à votre logement étant adoptée vous avez un reste à vivre qui vous autorise à épargner. Là encore il est essentiel de faire de la perspective et de définir un horizon de placement. Les questions suivantes à se poser sont encore quels sont mes objectifs et à quels horizons ? Puis quel est mon profil de risque ? Un patrimoine financier est par nature à minima risqué.

Êtes-vous plutôt du type :

Sécuritaire, avec une part d’actifs à risque élevé en capital de 10 % minimum,

Prudent, avec une part d’actifs à risque élevé en capital de 20 à 25 % maximum,

Équilibré, avec une part d’actifs à risque élevé en capital de 50 à 60 % maximum,

Croissant, avec une part d’actifs à risque élevé en capital de 75 % maximum,

Dynamique, avec une part d’actifs à risque élevé en capital de 90 % maximum.

En fonction des risques que vous êtes prêts à prendre votre conseiller bancaire et vous-même vous servirez d’outils d’investissement plus ou moins volatils. Les actions étant le placement le plus risqué ; mais également le plus rémunérateur sur le long terme. La gestion d’un portefeuille d’actions en direct (sur la bourse de Paris ou les grands marchés internationaux) nécessite des formations poussées et des nerfs d’acier.

Né en 1988 avec un indice 1000 la cotation en point à l’heure ou nous écrivons ces lignes est de 5550 points. Un portefeuille de 1000 euros (CAC 40 NR = dividendes réinvestis en actions mais nets de taxes) vous a rapporté plus de 11 000 euros en 31 ans. Avec les aléas qui vont avec : stress, ventes, achats, disparition des sociétés du CAC, introductions, dilution du capital, etc.

Se fixer des objectifs patrimoniaux et épargner tous les mois

Quel que soit le niveau de revenu, il est important de réserver une part de son reste à vivre. Une fois cette somme posée sur un compte dédié les supports de placement souscrits : livrets d’épargne (livret A, LDD…), immobilières, SCPI (société civile immobilière), parts dans une société, valeurs mobilières (actions, obligations, SICAV…), etc. Faire le choix d’épargner vous garantit de récupérer votre capital (s’il est garanti) augmenté des intérêts contractuels. Vos décisions en matière d’épargne vont évoluer ne sont pas définitives. Un patrimoine solide et générateur de revenus stables est supporté par des fondations solides. Chaque investissement doit être caractérisé par :

  • Sa liquidité (facilité à le vendre)
  • Son rendement (régularité, % garanti)
  • La plus-value potentielle
  • Les Sicav et FCP

Sicav : Portefeuille de valeurs mobilières détenu collectivement par des épargnants et géré par un établissement spécialisé ; fraction de ce portefeuille.

FCP : Un FCP (Fond commun de placement) signifie Fonds Commun de Placement. Il s’agit d’un fonds d’investissement collectif qui permet de gérer des placements financiers (valeurs mobilières).

Les SICAV et FCP sont investis soit en monétaire soit en actions de sociétés françaises et étrangères cotées en Bourse. Ces ensembles complexes composés par des gérants spécialisés répondent à des cahiers des charges que leurs gérants doivent respecter. Les Sicav et FCP actions ou monétaires sont faciles à acheter, vendre, mais comportent une perte potentielle en capital. Elles sont rentables sur le long terme (au moins 8 ans) pour des raisons fiscales mais également pour respecter le temps de réaction des marchés financiers.

Sicav et FCP

La composition des Sicav et FCP doit tenir compte du profil de risque et du rendement espéré (espéré et non garanti !). Les fonds diversifiés se composent d’actions, d’obligations, de produits monétaires dans des proportions prédéfinies par votre profil établi en amont : profil prudent, profil équilibré, profil dynamique, etc. Pour garantir le capital, les Fonds à formule s’engagent à atteindre à l’échéance du contrat (3 à 8 ans), un montant prédéfini. Le capital garanti est récupéré quoiqu’il arrive à l’échéance. Mais vous perdez le montant des frais d’entrée et les commissions de rachat. Il n’y a pas de petites économies.

Pour transmettre un capital à ses proches : le contrat d’assurance-vie multisupport

Charles souhaite transmettre un capital à ses enfants. Il dispose d’un contrat d’assurance-vie multisupport adapté à l’épargne sur le long terme. Ce type de contrat se compose d’un fonds en euros (à capital garanti) et des « unités de compte » plus volatiles. Leur valeur varie en fonction des performances des marchés financiers. Mais ces supports répondent parfaitement au dicton qui est son mantra : « Ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier ». Les investissements en unités de comptes pourront être investis sur des :

· OPCVM

· Actions

· Obligations

· Parts de sociétés immobilières

· Warrants

Outre leur fiscalité intéressante, la transmission des contrats suite au décès du souscripteur peut être exonérée de droits de succession. Car l’abattement important de 152 500 € à ce jour sur les contrats possédant un capital en deçà exonère la plupart des enfants de l’impôt. En cas de capital supérieur, la cotisation avoisine seulement les 20 %. Ces supports sont liquides, adaptables à toutes les bourses, peuvent se gérer sous mandat (ce qui évite de s’en occuper), et les rendements restent supérieurs à ceux des livrets. Un vrai cadeau !

Conclusion

Première étape : louer sa résidence principale ou acheter. La stabilité professionnelle et personnelle et la capacité d’emprunt prévalent. Charles n’a jamais divorcé et comme il habite Vincennes dans un appartement ancien dont le loyer est faible pour la zone, il a décidé de rester locataire.

Par contre il a investi dans un dispositif de défiscalisation qui lui assure de posséder un bien à vendre et donc un capital pour sa retraite dans le sud-ouest. Il est bénéficiaire d’un compte de participation de son entreprise (des actions Cegelec) et de contrat multisupport pour assurer le patrimoine futur de ses deux enfants. Lui et sa femme louent un bien familial dans une commune rurale. Il viendra en complément de l’héritage qu’ils destinent à leurs enfants. À cinquante ans leur stratégie s’avère payante. Au lieu de payer 4 à 5000 euros d’impôts, cette somme sert à rembourser un bien immobilier qui, par sa construction dynamise une zone en tension et son projet a donné du travail à de nombreux demandeurs d’emploi.

Le but de niches fiscales intelligentes. Cet article n’est pas exhaustif des mécanismes financiers donnant aux investisseurs des armes pour se construire un patrimoine solide. Nous aurions pu aussi évoquer le travail patrimonial des collectionneurs, les investissements originaux (vins, vignes, pierres et métaux précieux, bitcoin, etc), mais ces placements méritent des compétences qui ne sont pas à la portée du commun des mortels. Le premier conseil des investisseurs aguerris est de placer son argent sur des supports que l’on comprend parfaitement. Charles est de ceux-là.

Une autre manière d’épargner efficacement est de ne pas faire ces quelques erreurs faciles à éviter quand on veut mettre de l’argent de côté

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